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Reportages

LES PREMIERES DENTELLES MECANIQUES (29e chapitre)

   

 C'est en 1902 que les métiers à faire mécaniquement de la dentelle furent introduits pour la première fois en Haute-Loire. Un fabricant de dentelle à la main allait se reconvertir dans ce qu'il pensait être l'avenir. Cet homme, Auguste Vacher, fit construire une usine aux Pandraux, à quelques kilomètres de Brives-Charensac, et commanda des métiers en Allemagne comme le ferait quelques années plus tard Jean-Baptiste Fontanille.

        Tout comme les autres fabricants de dentelle mécanique, sa famille était depuis longtemps honorablement connue pour la qualité de sa production main. Elle avait obtenu, à l'Exposition Internationale de Bruxelles en 1900, une médaille d'or pour la présentation d'une pièce de dentelle baptisée « la Chasse de Saint Hubert ».
Auguste Vacher ne s'était pas arrêté à la dentelle mécanique. Il avait réalisé un projet beaucoup plus important dont Paul m'avait souvent parlé, ponctuant chaque fois son récit de « A cette époque, il y avait des génies en Haute-Loire ».
« Pour faire de la dentelle à la main, il faut du fil : lin, coton ou soie, les mêmes matières que pour la dentelle mécanique, réfléchissait Auguste Vacher. Il y a, en Haute-Loire, c'est-à-dire sur place, un débouché extraordinaire qui pourrait ensuite s'élargir vers Lyon, le Midi et pourquoi pas l'Afrique du Nord. Enfin, le prix d'achat serait inférieur puisqu'il n'y aurait plus les frais de douane comme lorsque les achats s'effectuent chez nos cousins belges. Inférieur aussi au prix de revient du fil produit dans le Nord de la France où le salaire journalier d'un ouvrier est de six francs, alors que chez nous il est deux francs cinquante. »

 
Auguste Vacher constitua donc une société et se porta acquéreur du Domaine de la Darne, en bordure de la Loire, appartenant à monsieur de Brives. Le capital social s'élevait à une somme fabuleuse, que Paul énonçait toujours avec beaucoup de considération : c'était difficile à imaginer 1 250 000 francs! ! ! Parmi les personnalités qui soutenaient ce projet, il y avait évidemment Pierre Farigoule ! ! !

 
  Deux ans après, l'usine fonctionnait. Il avait fallu faire venir une génératrice de Belgique, celle-ci était si lourde que le transporteur n'avait pas osé la faire passer par le pont suspendu de Coubon. De Belgique, étaient venus également les premiers ouvriers. La construction de l'usine de la société des Filteries, Blanchisserie et Teinturerie de la Darne coûtant plus cher que prévu, il fallut ajouter plus de deux cent mille francs.
Par suite de dissensions Auguste Vacher se retira de la société et céda ses parts à un des principaux actionnaires.
Il allait continuer à s'occuper de l'usine de dentelle familiale, voyant dans ses fils et neveux ses successeurs. Je crois bien qu'il avait eu sept enfants. L'un de ses fils, André, bachelier ès-sciences, sous-lieutenant au 86ème  Régiment, fut tué sur la Somme après une campagne digne des plus grands éloges. Auguste Vacher ne devait jamais se remettre de la mort de son fils en qui il plaçait beaucoup d'espoir. Ses frères, ses fils, ses neveux continuèrent le travail si hardiment entrepris par ce précurseur.

C'est également par Paul que j'entendis parler à nouveau des frères Audiard, les anciens patrons de tante Sophie à Langeac.

Eux aussi s’étaient tournés vers la dentelle mécanique en s'associant en 1916 avec les deux frères Laurent. Pendant la guerre comme partout ailleurs la fabrique fut menée d'une façon opiniâtre et volontaire par la maman des frères Laurent, Pauline Nublat, qui devait lui donner une grande extension.

A la fin des hostilités, la jeune société s'intéressa à la fabrication de métiers mécaniques pour faire de la dentelle. Les Ponots ne voulaient plus dépendre des Allemands pour une technique qui leur appartenait depuis si longtemps.
André Laurent prit la direction d'une usine métallurgique spécialement créée pour construire ces métiers.  Alvergnas, inventeur de ces métiers, vint apporter son génie mécanique à la société. Le succès fut tel qu'en 1920, il fallut construire une nouvelle usine à Saint-Marcel qui porta le nom de Paul Laurent, l'autre frère.  Nombreuses furent les usines de dentelle mécanique du Velay qui s'équipèrent de métiers français construits dans notre ville.

 
 

 
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Mis à jour le 14 mai 2019
 
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