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Reportages

LES SOEURS CALLOT (21e chapitre)

 

 

Cousine Anne, qui était la nièce de mémé Julie, connaissait des histoires sur Craponne que mémé ne m'avait jamais racontées. Pourtant, elle qui avait été dentellière chez Surrel, avait du entendre parler de la Marie-Julie Rival marchande de dentelles à Craponne-sur-Arzon qui était née en 1826. Mais peut-être était-elle un peu jalouse de son départ et de sa réussite dans la capitale. La Marie-Julie était montée à Paris et s'était mariée à Jean-Baptiste Callot, artiste peintre. Les origines de son mari se trouvaient être du côté d'Alençon, célèbre ville dentellière. Elle avait ouvert un magasin de dentelles à Paris au 8, rue d'Aboukir et vendait les dentelles de son village. D'ailleurs elle avait participé à l'Exposition Universelle de 1867 avec des dentelles de Craponne.

La Marie-Julie Callot avait eu quatre filles, Adolphine, Berthe, Marie qui épousera Auguste Gerber, puis Jeanne, Rosalie, Marthe qui sera l'épouse d'André Bertrand et encore Louise, Anne, Reine, Julie dite Régine qui se mariera avec Stevens Chantrell et enfin Louise, Joséphine, Jeanne, Julie qui deviendra Madame Crimon.


En 1879, Jean Baptiste Callot louait pour ses quatre filles, place de la Trinité, un petit magasin dans lequel elles vendaient des dentelles comme leur mère et des parures qu'elles confectionnaient elles-mêmes. Elles avaient baptisé ce magasin "Callot sœurs". De 1881 à 1890, l'une des filles, Marie Gerber, était allée faire son apprentissage chez Raudnitz, maison de couture alors très connue.

Veuves rapidement Marie et Régina s'étaient consacrées à leur travail et, grâce à l'aide financière des riches époux de leurs clientes, elles ouvraient un magasin, le 9 novembre 1895, au 24 rue Taitbout, toujours dans le neuvième arrondissement. Malgré le décès prématuré de Louise, les trois sœurs Marie, Marthe et Régina avaient remporté un grand succès en associant à leur couture la dentelle et la fourrure. Elles habillaient Elisabeth d'Autriche, Mesdames Rothschild, Meunier, Eiffel.

En 1900, elles employaient 600 personnes et étaient, la même année, parmi les représentants les plus représentatifs de la couture française à l'Exposition Universelle. L'année suivante, elles réalisaient un chiffre d'affaires de quatre millions et remboursaient aussitôt leurs prêteurs.

Les sœurs Callot habillaient les plus riches femmes de la planète. Elles ouvraient des magasins de ventes à Nice, Biarritz, Le Touquet, Londres, Buenos Aires. Il était loin le petit village de Craponne. Mais cousine Anne m'expliquait aussi que l'argent ne faisait pas toujours le bonheur puisque Marthe perdait aussi son pauvre mari à l'âge de cinquante deux ans. En 1912, les sœurs Callot faisaient travailler 1.000 personnes et leur chiffre d'affaires s'élevait à six millions d'alors. Au jour d'aujourd'hui, c'est une somme colossale. C'était l'une des plus importantes et des plus célèbres maisons de couture de Paris.


En 1907, ayant appris qu'elles risquaient d'être expropriées de leur maison de la rue Taitbout en raison de l'ouverture du dernier tronçon de Boulevard Haussmann, les sœurs Callot avaient acheté un terrain à l'angle de l'Avenue Matignon et de la rue de Ponthieu.
Elles faisaient construire, en pleine guerre, un magnifique immeuble et s'y installaient en 1916.

  Entrée de la maison
Cousine Anne avait sorti un journal américain qu'elle avait gardé et que lui avait donné Pierre Farigoule. Il vantait le courage des Sœurs Callot qui faisaient construire un aussi fastueux bâtiment pendant la guerre en misant sur l'avenir de la France et "le bien vivre français".

En 1920, Jeanne décédait et, quelques temps après, Régina décidait de se retirer. Marie, maintenant seule aux commandes, était assistée de ses deux fils, Pierre et Jacques. La Maison Callot devait participer encore à l'Exposition des Arts décoratifs de 1925 mais deux ans après Marie, âgée de soixante-dix ans, décédait.

Encore deux ans et la maison des Sœurs Callot qui avait perdu ses âmes fermait ses portes.

Il y a quelques années, ma petite fille m'a appris que l'arrière petite fille de Jeanne Callot était Isabelle Huppert et que sa maman l'avait incitée à tourner le film "La dentellière" dont elle avait lu le livre qui venait d'avoir le prix Goncourt. Biseigne, comme le monde est petit et comme on est peut de chose.

 
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Mis à jour le 13 DECEMBRE 2018
 
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