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63 rayons de miel et ce n'est que le début...

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NOTRE DAME DE FRANCE (7e chapitre)


Les vieilles racontaient aussi à la veillade les péripéties qui avaient entouré la construction de la statue colossale de Notre dame de France dont la taille et le poids extraordinaires nous impressionnaient terriblement. Composée de plus de mille morceaux, elle mesure seize mètres de hauteur, presque vingt-quatre mètres avec son piédestal, pour un poids total de 945 000 kilogrammes.

On disait que le projet de construire une statue s’était imposé à un prédicateur de Notre-dame de Paris en séjour au Puy, mais que c’était l’évêque du Puy, monseigneur de Morthon, qui l’avait réalisé.

Certains racontaient qu’elle avait coûté plus d’un million de francs ! Pour réunir cette somme, les curés de la Haute-Loire avaient commencé par faire des quêtes dans toutes les paroisses mais les fidèles n’étaient pas riches et le résultat était ridicule. Des souscriptions furent alors ouvertes. Monseigneur et les notables du Puy et du Velay versèrent leur obole. Malheureusement ce fut encore insuffisant, puisque les sommes ainsi recueillies n’atteignaient péniblement que la somme de cent mille francs.

Puis, les trois cent mille élèves français des Frères des Ecoles chrétiennes remirent au frère Philippe, supérieur de l’ordre, à la suite d’un magnifique élan de générosité de la part de tous ces enfants, la somme de quinze mille francs. C’était suffisant pour construire le socle de la Vierge, mais pas assez pour la statue.

C’est alors que les gens du Velay forcèrent la Sainte Vierge à faire un miracle pour trouver la somme qui manquait…Ils agirent comme s’ils avaient l’argent et, confiants, s’occupèrent de l’organisation des commissions techniques et de la création d’un concours pour choisir la plus belle statue. Ce fut le Père jésuite Ducis, ancien missionnaire en Chine, qui fut chargé de coordonner toutes ces actions. Cinquante-cinq maquettes de Vierge parvinrent au Puy. La Vierge de Bonnassieux, artiste originaire de Panissières, petit village de la Loire, département voisin, fut choisie par les autorités, et aussi par l’ensemble des visiteurs auxquels les maquettes avaient été présentées pendant huit jours.

Maintenant, c’était à la Sainte Vierge d’agir, puisque nous avions fait tout ce que nous pouvions.

Et le miracle a eut lieu !

Le 8 décembre 1854, le pape Pie IX définissait le dogme de l’Immaculée Conception. Sans perdre de temps, la première pierre était posée et bénie par le curé de la cathédrale tandis que le Père jésuite Nampon de Vals, près le Puy, partait à Rome prêcher le Carême en l’église Saint-Louis des Français. Ce n’était pas seulement pour les trois mille francs recueillis lors de la quête qu’il allait à Rome, mais pour faire la connaissance du prince-abbé Lucien Bonaparte, cousin de Napoléon III.

       Passionné et persuasif, il parvenait à gagner à notre cause non seulement le prince abbé mais aussi, par son intermédiaire, son auguste cousin, l’Empereur, toute la cour et le gouvernement.

À la même époque, Le Puy avait l’avantage de recevoir très souvent la visite du général Pélissier qui aimait beaucoup notre ville. Au courant du projet et de ses difficultés financières, il écrivait à Monseigneur l’Evêque pour lui conseiller de demander à l’Empereur les canons qu’il s’apprêtait à prendre aux Russes lors de l’expédition qu’il allait mener, contre eux, en Crimée contre eux.- Monseigneur pourrait, de la sorte, se servir de ces canons pour construire la statue de la Vierge.-

Avec une foi merveilleuse et un courage exemplaire, le général Pélissier attaquait l’ennemi à Sébastopol le 8 décembre 1855. Choisissant à dessein le jour de la fête de l’Immaculée Conception, il remportait la victoire en prenant trois mille sept cent onze canons aux Russes ! Le général Pélissier, duc de Malakoff, allait devenir, par la suite, ambassadeur à Londres et gouverneur de l’Algérie. Mais pour nous, sa plus grande gloire a été de ne pas douter de la Vierge et de tenir sa promesse en nous faisant offrir par l’Empereur les deux cent treize canons nécessaires à la construction de notre statue. L’Empereur, reçut Monseigneur de Morlhon et lui remit, en plus, une somme de douze mille francs, en l’autorisant en outre à lancer une souscription nationale.
       
La cour, tous les diocèses de France, tous les croyants, qu’ils soient condamnés à Cayenne, ou chrétiens, orthodoxes, noirs, jaunes ou arabes, envoyèrent aussitôt leur offrande avec une foi émouvante.
Il n’y avait plus de problème d’argent et la Vierge du Puy devenait bien, grâce à toute cette générosité. Notre Dame de France.

Il a fallu presque trois ans pour la fabriquer, la transporter, l’assembler et la peindre. Ce n’est que le 12 septembre 1860 que la cérémonie d’inauguration et de bénédiction eut lieu, placée sous la présidence de l’évêque de Bordeaux, Monseigneur Donnet, assisté de deux archevêques et de neuf évêques. La liturgie répondait, par sa magnificence, à l’attente des cent vingt mille pèlerins venus de tout l’Empire.

On évoquait encore le souvenir de la procession sur la place du Breuil, du coup de canon qui avait donné le signal pour dévoiler la statue. Elle se détachait là-haut, sur son rocher Corneille, et veillait maintenant sur la ville et le Velay. Avec émotion, les vieux parlaient d’un rayon de soleil qui avait enveloppé, à ce moment-là, Notre Dame de France, la cathédrale et la ville. Le soir, Le Puy-en-Velay, ses monuments et ses rochers, avaient été illuminés, tandis qu’un feu d’artifice clôturait cette journée gravée à jamais dans nos mémoires.

 
La statue Notre-Dame de France a été sculptée par Jean-Marie Bonnassieux. Elle a été réalisée en fonte de fer à partir des 213 canons de Sébastopol et inaugurée le 12 septembre 1860 devant 120.000 pélerins. Elle mesure 16 mètres ( 22,70 m avec le piédestal) pour un poids total de 835 tonnes (110 tonnes pour la statue, 680 tonnes pour le piédestal en pierre et 45 tonnes son revêtement en fer).

Aujourd’hui, en décembre 2010, la statue est en très mauvais état et une souscription est lancée pour sa restauration.*

Le siège de Sébastopol, épisode de la guerre de Crimée, dura onze mois, du 9 octobre 1854 au 8 septembre 1855. Cette guerre opposa les troupes britanniques, françaises et sardes à celles de l’Empire Russe. Elle fit une grande quantité de victimes auxquelles il faut ajouter celles qui furent atteintes par le choléra, le scorbut et de multiples maladies.
* RESTAURATION DE LA STATUE : UN APPEL AU DON POUR FINANCER LA RENOVATION
Les travaux de restauration de la Vierge (rénovation de l'ensemble des éléments dégradés et érodés, la consolidation du monument ainsi que son ravalement s'élèvent à 541 130 € TTC.
Pour finaner cette vaste opération de rénovation, la Ville du Puy-en-Velay a lancé une souscription nationale, sous l'égide de la Fondation du Patrimoine.
Afin de récolter le maximum de fonds, la Ville et la Fondation ont édité un dépliant comprenant un bon de souscription destiné aux généreux donateurs, qui grâce à leur geste, bénéficient d'une réduction d'impôts.
Les dépliants sont à demander en mairie du Puy-en-Velay : 04.71.04.07.40
 

  

 
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Mis à jour le 12 novembre 2019
 
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