Facebook Twitter

SOUTIEN POUR NOTRE DAME

SOUTIEN POUR NOTRE DAME SOUTIEN POUR NOTRE DAME

Reportages

SAINT FRANCOIS REGIS NOTRE SAINT PATRON (6e chapitre)

Saint François Régis
Rares étaient les dentellières du Velay qui n’invoquaient pas saint François-Régis lorsque le modèle de dentelle était trop compliqué, le marchandage avec la leveuse trop âpre, ou lorsqu’il y avait une mévente chez le marchand, ce qui faisait baisser le prix. Très souvent son image faisait pendant, sur les joues du carreau, à celle du saint protecteur de la dentellière. Ma mère l’avait glissée, avec celle de la Sainte Vierge, sous le mica de mon premier carreau d’enfant. Les deux images pieuses, encadrées de dentelles de couleur en papier, entourées de clinquants, de petites étoiles et de lunes multicolores, étaient du plus bel effet.

Je trouvais pourtant qu’il avait l’air bien triste, dans son habit noir, notre père jésuite. Il faisait même maladif, et lorsque je le priais, c’était, inconsciemment, pour qu’il ait meilleure mine. J’avais appris son histoire lors d’une veillade chez la béate.
Jean-François Régis des Plats était né le 31 janvier 1597 à Foncouverte dans le diocèse de Narbonne. D'une famille très pieuse, où l'on comptait des ligueurs et des religieux de l'Abbaye de Lagrasse. Il avait fait ses études chez les Jésuites de Béziers dont le fondateur, Ignace de Loyola, venait d'être béatifié. Très pieux, il s'était engagé dans la confrérie des Pénitents Bleus alors qu’il n'avait pas quinze ans, ses lectures favorites racontaient la vie des Saints. Touché par la grâce, il allait suivre des études de théologie à Toulouse en 1616.

En 1618, il allait à Cahors pour terminer sa rhétorique, l’année suivante à Tournon pour y faire sa philosophie, et enfin enseigner les humanités à Billon, à Auch et au Puy. Il était animé d’un zèle ardent et inspirait à ses élèves l’amour de l’étude et de la vertu. Il priait beaucoup.

En 1630, il devint prêtre. Il avait une préférence particulière pour les missions et partit évangéliser Montpellier, Sommières, Viviers, Privas, le Velay. C’est lors de son séjour au Puy que des Edits somptuaires, réduisant, supprimant même, le port de la dentelle, pour certaines catégories de personnes, sont pris par Louis XIII et diffusés, tardivement dans le Velay, par le Parlement de Toulouse. Cette disposition, si elle était appliquée, allait acculer à la misère quantité de femmes du Velay dont le seul revenu était la fabrication de la dentelle. Enfin, comme dans d'autres régions de France, la fabrication de la dentelle était souvent donnée à faire à de pauvres filles abandonnées. Le père François Régis les avait accueillies dans un refuge et la dentelle leur permettait de subvenir à leurs besoins.

Le menu peuple avait grande confiance dans le Père François-Régis, que l'on appelait le saint, aussi c’est, tout naturellement, vers lui que se dirigea l'ensemble des dentellières pleines d'inquiétudes. Le saint homme les accueillit et leur dit :"Ayez bon courage et mettez toute votre confiance en Dieu. La manufacture sera rétablie, elle prospérera plus que jamais, et subsistera toujours avec le même succès". La dentelle du Puy n'était pas une dentelle onéreuse et ne pouvait en aucune façon ruiner celui ou celle qui la portait aussi les dentellières ont pu, sans difficulté, continuer à faire leur travail.

Le père François-Régis partit ensuite évangéliser Montfaucon et après un ultime séjour au Puy, il entreprit une nouvelle mission en décembre 1640 à La Louvesc où il mourut d’épuisement.

C'est en 1737, que les dentellières, reconnaissantes, l'on prit pour saint patron.

Tous les ans, en l’honneur de Saint François Régis, nous organisons un grand pèlerinage. Une année, avec des amies, je participais au pèlerinage du 3 septembre à La Louvesc où se trouve encore aujourd’hui le tombeau de notre Saint Patron. Nous avions pris la direction de sa sépulture en passant par Yssingeaux, Montfaucon, Saint-Bonnet-le-Froid. Les carrioles, les jardinières, se suivaient tout le long de la route. Quelques hommes qui avaient voulu faire le pèlerinage à pied, marchaient depuis douze ou quatorze heures. Si la majorité des pèlerins priaient et chantaient des cantiques tout le long du chemin, il n’en était pas de même pour les jeunes. La route était longue et quelques chants païens se mêlaient parfois aux chants religieux à la grande fureur des anciens qui traitaient la jeunesse de mécréante et menaçaient du bâton. Mais la jeunesse courrait plus vite…
  
Pour nous restaurer, nous avions fait une halte chez Mourgues à Montfaucon, et avions rejoint la colonne des pèlerins un peu plus tard. Arrivés à La Louvesc, les jeunes redevinrent sages, les femmes se mirent en prière et les hommes enlevèrent leurs chapeaux. C’est que la dentelle n’était pas chose frivole pour nous, elle représentait un apport indispensable à la bonne marche de la maison et les hommes la respectaient. Le fait de faire le pèlerinage était, un peu, une assurance sur l'avenir.

À suivre,  prochain chapitre : NOTRE DAME DE FRANCE

 
6332 237 visiteurs
Mis à jour le 14 mai 2019
 
Mentions légales-www.itnt.fr
bibliothèquetissuthèquereportagescoin des cartophilesvisite virtuellevente surprisefabrication / réparationformations en ligne nouveauté