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LA GUIPURE DU PUY

LA GUIPURE DU PUY LA GUIPURE DU PUY

La Dentelle du Puy

L'historique

Les origines de la dentelle

Les origines de la dentelle sont inconnues…cependant certains auteurs considèrent le Velay comme le berceau de la dentelle.

D’après la légende, c’est en mars 1407 que la dentelle au fuseau aurait pris naissance au Puy-en-Velay. Une jeune brodeuse, Isabelle MAMOUR, aurait inventé la dentelle à l’occasion du Grand Jubilé du 25 mars 1407. L’évêque, Elie de l’Estrange, lui aurait demandé de décorer le manteau de la Vierge Noire. En cherchant pendant plus d’un mois à réaliser un ouvrage exceptionnel et des plus fins, elle a l’idée d’attacher à des épingles plusieurs navettes de fils. Par l’enlacement des navettes et le jeu des épingles, elle obtint un tissu transparent et d’une finesse extrême. C’est ainsi que serait née la dentelle.

Certains prétendent aussi que pendant tout le Moyen-âge la ville du Puy, départ des chemins de saint Jacques de Compostelle, est devenue une grande ville de pèlerinage attirant de nombreuses foules, marchands et colporteurs. Ce sont ces derniers qui auraient introduit la Dentelle en Velay et en auraient enseigné les rudiments.

Le XVIIème siècle


Saint François Régis Saint François REGIS

Au début du XVIIème siècle la dentelle connaît un succès considérable, on la trouve partout, sur les vêtements (cols, manchettes, gants, bottes), meubles, carrosses, etc.
L’abus est tel que Louis XIII en réglemente l’usage par quatre édits en 10 ans (de 1629 à 1639). Mais ils ne sont pas respectés bien au contraire l’engouement pour les dentelles et broderies est multiplié.
L’édit de 1639, interdisant l’usage de la dentelle sur tout habit sous peine d’amende, repris par le parlement de Toulouse semble avoir eu des incidences sur la dentelle du Puy. Les dentellières du Puy consternées, vont se plaindre auprès du père Jean-François REGIS des Plas, qui ému par leurs prestations les rassure. Par la suite, il les prend sous sa protection. C'est pourquoi en 1737, lors de la canonisation du prêtre, les dentellières le prennent pour St Patron.


Les Béates

En 1665, est créé l’ "Institut des Dames de l’Instruction". Ces femmes, couramment appelées "Béates" propagent la pratique de la religion et la technique de la dentelle dans les campagnes vellaves. Cet institut est créé sur l’initiative d’Anne-Marie MARTEL et de l’abbé TRONSON. Anne-Marie MARTEL a constaté que les dentellières apprennent la dentelle au détriment de leur instruction et de l’éducation de leurs enfants. C’est pour pallier ces lacunes que les « Béates » sont envoyées dans chaque village. Dans la deuxième partie du XVIIème siècle, les dentelles du Puy se vendent à profusion.

Les béates sont des célibataires mi-laïques, mi-religieuses. Logées dans
l’"Assemblée" du village, maison construite par les villageois, elles ont pour rôle principal de réunir et de garder les enfants. Elles s’occupent également de :

  • surveiller et améliorer le travail des dentellières,
  • seconder le curé en disant les prières, en sonnant l’angélus,
  • adoucir les mœurs,
  • apprendre à lire, écrire et compter aux enfants,
  • soigner les malades, etc.
En plus de ces missions, c’est dans sa maison que, les soirs, se rassemblent les hommes, femmes et enfants du village. Lors de ces couviges, les femmes font de la dentelle.
Pour subvenir à ses besoins la Béate vend sa dentelle. Elle cultive son potager, et reçoit parfois, en nature, le prix de ses services.
Au moment de la loi de Jules-Ferry, en 1881, on comptait 777 béates en activité, en 1990, elles n’étaient plus que 2 ou 3 et aujourd’hui, il n’y en a plus. Seuls souvenirs de ces femmes, subsistent dans les campagnes du Velay, leurs maisons : les "Assemblées".


Les leveuses

A la fin du XVIIème siècle, pour faciliter le commerce de la dentelle du Puy, dont l’un des obstacles à son développement est la dispersion de la main d’œuvre, des intermédiaires, appelées leveuses, s’organisent entre négociants et dentellières. Ces intermédiaires sont souvent les seules à connaître les dentellières, elles sont donc libres de fixer le prix d’achat de la dentelle et ceci sans contrainte. Parfois les leveuses exploitent les dentellières en leur versant une somme inférieure au prix convenu, sous prétexte de malfaçons ou de salissures.
Grâce aux leveuses, qui facilitent les échanges entre les dentellières et les marchands, les quantités de dentelles fabriquées augmentent mais au détriment de la qualité. La dentelle du Velay, voit ainsi ses ventes diminuer du fait du peu de variété, du peu de goût dans les dessins, et à cause d’une concurrence grandissante.

Les leveuses sont des femmes qui habitent le chef lieu de la paroisse et qui travaillent pour un ou plusieurs négociants qui leur fournit le fil et les modèles. Elles font ensuite le tour des villages où demeurent les dentellières pour en récupérer le travail.

Leur rôle est de :

  • passer prendre les travaux chaque mois ou quinzaine
  • dispenser des critiques et conseils aux dentellières
  • payer les dentelles
  • distribuer d’autres modèles selon les compétences de chacune en précisant le métrage désiré
  • donner le fil correspondant à la demande
  • remettre contre une commission, les dentelles aux marchands qui restent au bourg.

Le XVIIIème siècle


"Les blondes "
Saint François RégisPour lutter contre la concurrence, et satisfaire les nouvelles demandes de la clientèle, les fabricants de dentelle du Velay innovent en proposant une dentelle en soie naturelle.
Avec un dessin plus précis et une technique plus élaborée, les "blondes" sont plus fines et légères ce qui relance le commerce de la dentelle du Puy. La "blonde" est une dentelle facile à exécuter et d’un très bel effet.
Cependant un ralentissement du commerce dentellier se dessine avec la Révolution qui sera un frein notable au développement de la dentelle.


La Révolution
La dentelle du Velay faillit disparaître durant la Révolution de 1789. En effet, un arrêté municipal met fin provisoirement à l’activité des "Béates" en déclarant qu’elles "colportaient des œuvres fanatiques nuisant à la République". Donc, celles-ci se cachent et les dentellières abandonnent leur carreau.

Le XIXème siècle


La première moitié du XIXème siècle
Après la Révolution la reprise de l’activité dentellière a mis du temps. Cependant certains événements, tels que l’Exposition Industrielle de Paris en 1802 où ont été primés les modèles présentés par les dentelliers du Puy, révèlent les valeurs et les possibilités de la Dentelle du Puy. Ceci redonne un véritable envol à la dentelle du Velay et engendre une réaction dynamique chez les fabricants. Ils recherchent la perfection et inventent de nouvelles techniques et de nouveaux modèles (exemple : la Guipure du Puy).
En 1823, on assiste à un renouveau de la qualité grâce à Théodore Falcon qui avec un esprit inventif et un goût raffiné renoue avec l’Art Dentellier. Il a étudié l’art de la dentelle et la façon de travailler des dentellières. Il pense que pour faire un travail de qualité, il faut lutter contre la routine, former le goût des dentellières et faire acquérir des notions artistiques aux dessinateurs. Pour concrétiser son idée, il crée en 1838 la première école de dentelle dont le succès fut immédiat et en 1856, un musée de la dentelle.
En 1855 une autre école dirigée par les béates et subventionnée par la ville est ouverte : l’école de dentelle des enfants pauvres de la ville. Dans cette école 100 jeunes filles sont formées à la dentelle sous la conduite de deux béates.


La deuxième moitié du XIXème siècle
Vers le milieu du XIXème siècle, jamais la dentelle du VELAY n’a été aussi prospère et les fabrications aussi diversifiées. Les élus de la Haute-Loire témoignent de leur intérêt pour la dentelle en autorisant la création en 1858 d’une école de dessin dentellier et en 1862 celle d’une chambre syndicale de dentelle. Ces décisions donnent à la dentelle un essor exceptionnel jusqu’en 1876. En effet, de nombreux dentelliers de Paris ou de Normandie,des maisons de haute couture et des dessinateurs envoient leurs dessins pour les faire réaliser au Puy en raison non seulement de la qualification des dentellières mais aussi et surtout en raison du faible coût de cette main d’œuvre.

Le XXème siècle


La première moitié du XXème siècle
Au XXème siècle, l’activité des « Béates » qui avait repris est menacée par la loi sur l’Enseignement Primaire mis en place par Jules FERRY et par les lois interdisant l’enseignement aux religieuses. C’est ainsi que progressivement les Béates sont remplacées par des institutrices qui n’ont aucune compétence en dentelle. Cette situation entraîne rapidement une baisse de la main d’œuvre dentellière.
Face à cette situation, deux dentelliers ponots, Hippolyte ACHARD et Pierre FARIGOULE, obtiennent de la part de la municipalité en 1903, la création d’une section dentellière à l’école pratique du Puy (qui a pour but d’apprendre à faire des dessins). Le directeur en sera J. CHALEYE.
Enfin deux députés, l’un de la Haute-Loire et l’autre du Calvados, font voter une loi pour créer l’apprentissage professionnel de la dentelle à la main, dans les écoles primaires de filles des départements où la fabrication est d’usage et dans les écoles normales d’institutrices de ces mêmes départements ». Cependant, il est difficile d’appliquer ce texte car il n’y a plus d’éducateurs spécialisés.
Pour mettre en application cette loi, est créée en 1910 au Puy-en-Velay, l’école de la "Dentelle au Foyer". Les jeunes filles de la campagne y sont accueillies gratuitement pour apprendre la dentelle et pour se perfectionner. Cette école est un succès et permet de réapprendre la dentelle.
La guerre de 1914-1918 modifie profondément les projets de développement. Les hommes partent sur les champs de batailles et les femmes délaissent leur carreau. L’après-guerre n’est pas propice au retour de la dentelle à la main pour trois raisons majeures :

  • mécanisation de la dentelle
  • manque de main d’œuvre,
  • insuffisance de l’aide de l’état.


La deuxième moitié du XXème siècle
Johannès CHALEYE, n’acceptant pas cette situation, et pour préserver la tradition dentellière du Puy, crée en 1942, le Conservatoire de la Dentelle qui a pour but :

  • d’assurer le préapprentissage dentellier à l’école primaire,
  • de former des dentellières qualifiées,
  • d’établir la liaison entre l’école pratique (qui enseigne art et création) et la dentelle au foyer (qui enseigne technique et fabrication).
En 1960, la mort de J. CHALEYE sonne la fin du conservatoire. Mais ces efforts n’ont pas été vains.
En 1974, Mick FOURISCOT fonde le "Nouveau Conservatoire de la Dentelle à la Main" pour:
  • maintenir la tradition, la pratique et l’enseignement de la dentelle à la main
  • sauvegarder le patrimoine dentellier : carreaux, fuseaux, épingles, planches à dentelle, etc.
    En 1976 le "Nouveau Conservatoire" a changé de nom. Il s’appelle le "Centre d'Enseignement de la Dentelle au Fuseau" et propose différentes formations pour apprendre ou se perfectionner dans l’art de la dentelle.
    D’autres structures permettent d’étudier l’histoire et les techniques de la dentelle, ainsi que les liens qui existent entre ceux-ci et la ville du Puy. Il s’agit notamment :
  • l’atelier conservatoire national de la dentelle : créé en 1976, il est chargé de préserver et développer les techniques de la dentelle au fuseau : mise en carte, fabrications de dentelles, finition et montage. Il réalise des pièces qui entrent dans les collections du Mobilier National.
  • le musée Crozatier du Puy présente une exposition d’œuvres en dentelle et des carnets d’échantillons de certains fondateurs.
    Aujourd’hui, la dentelle du Puy est bien vivante et de nombreux touristes français ou étrangers viennent visiter le Puy pour sa dentelle.

 
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Mis à jour le 6 juillet 2018
 
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